13h45, encore sur un quai, en partance. Jaime partir, il ny a pas grand monde dans la gare, tout semble bien ordonné, chacun vaquant à ces occupations de voyageurs. Jattends mon train, assis bien sagement. Le lumière est éclatante, un soleil dhiver radieux assez vaporeux.
Montée, Compartiment non fumeur, un siège dans le sens de la marche, et nous partons, enfin ! Jai une heure rien quà moi ! Fermer les yeux
Jai rencontré un passant sur ma route, après les quelques salutations dusage, voilà quil me baptise cow-boy ! Tiens, tiens suis-je donc un vulgaire garçon vacher, consigné à balader des vaches dans la campagne. Je dois avoir une allure assez rurale, finalement, commençais-je à penser ! Que nenni, pour le charmant jeune homme, cow-boy, cest le gars en jeans, sûr de lui, un poil viril , très protecteur , la liberté, les grands espaces ! Mais finalement il mavait nommé cow-boy comme ça, pour samuser. Jouons donc, ce jeune inconnu se trouve donc lui aussi baptisé, il sera donc joli Cheyenne ! Pour moi Cheyenne, cest la fille à Brando, mais là cest hors sujet. Cest surtout une tribu dindiens, victimes dun immense génocide, un Cheyenne est donc une victime, un résistant ! ( euh elliot , on avait dit que tu ferais po de politique ) . Et pis chaque cow-boy a son indien, cest po moi qui le dit, ce sont les westerns ! Quand jétais petit, à peine 6 ans, selon les dires de la famille, javais le droit le mardi soir, de regarder la première mi-temps dun western ! Nous étions tous réunis devant le programme phare de lépoque, la dernière séance, présenté par un vrai faux cow-boy très français, Eddy Mitchell. Nous regardions dans un silence quasi religieux, les bandes annonces très années 50, les tex avery , et pis le premier film, très souvent des westerns , il faut le reconnaître. Le film débutait, et lorsque quune première bataille opposait les deux camps en présence, je meffondrai en larmes. Non pour la mort de ces sales cow-boys, ni de ces pauvres zindiens, mais je ne supportais pas de voir mourir les chevaux ! le drame ,dans le salon , je pleurais beaucoup , jétais inconsolable,et jénervais mon père qui ne pouvait po suivre le film. Mes parents mexpliquaient que cétait du cinéma, que les chevaux étaient dressés pour tomber, quils ne se faisaient pas mal, etc.
Rien ny faisait, inconsolable. Résultat, je fus interdit très, trop longtemps de westerns. Donc ma gentille haine des cow-boys vient de là !! Aujourdhui, quon me nomme cow boy a réveillé dans ma mémoire ce souvenir denfance, et que je suis depuis toujours un garçon très ( trop ) sensible !
Ouvrir les yeux, nous sommes arrivés à Lyon perrache , terminus de ce train.
Finalement, cest bien les voyages intérieurs, au son des rails et des paysages qui défilent .
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