Quelque part .
Je suis quelque part en France. Je ne sais pas ou je suis , je vogue au milieu dune immensité verte , vallonnée , parsemée par endroits de tâches boisées. Il ny a pas de bestioles herbivores pour profiter de cette bonne herbe verte . Etrange. Les nuages noirs roulent dans le ciel à vive allure . Le soleil lance des attaques furtives contres ces monstres sombres. Le bleu apparaît parfois dans cette bataille .
Je roule, vogue à vive allure. Je contemple ce paysage wagnérien en toute tranquillité , confortablement assis dans un fauteuil numéroté du TVG que jemprunte. Louer dailleurs serait un concept plus juste .
Je suis en route pour le grand Ouest , celui des terres inconnues, encore non foulées !
(PAUSE) .
Elliot , arrêtes deux secondes avec tes clichés gavés aux westerns de propagande U.S . LOuest américain était déjà habité , avant les colonisateurs !
(LECTURE) .
Oui daccord, tout de suite les mots qui fâchent ! Je vais dans lOuest , mais pas celui des films . Je vais voir un Cheyenne à Angers !
(PAUSE)
Oui je sais je vous dois quelques explications :
Qui est Cheyenne ?
Cest un jeune ami du net .
Quand lavez-vous rencontré ?
Je crois que jai croisé la première fois son écriture en Octobre 2004 sur la toile .
Dans quelles circonstances ?
Cétait sur le chat gay de Voilà. La rencontre sannonçait assez improbable . Un flux de 800 personnes qui parlent en même temps , une espèce de cour des miracles emplie de gens aux hormones détraqués , aux demandes incongrues et parfois insolites. Et puis dans tout ce magma , il y avait Cheyenne ! Je me souviens que nous y avions parler déjà très sérieusement du monde dans lequel nous vivions , ce monde qui nétait pas le notre .Nos désillusions et nos engagements respectifs.
Pourquoi Cheyenne ?
Vos questions commencent à mirriter . Et bien au fil des dialogues sur Messenger , ce charmant correspondant , au détour dune conversation , ma appelé Cow-boy ! Donc dans la foulée, image pour image , chaque cow-boy a son Cheyenne non ?
Pourquoi donc le rencontrer ?
Parce que le virtuel ne détient pas toutes les vertus , le réel permet douvrir les yeux parfois. Jaime toujours voir de mes yeux vus .
Vous seriez pas un peu amoureux vous ?
Alors vous dépassez les bornes
Allez, filez, je ne réponds plus aux questions .
Lyon part-dieu, Massy, le Mans , Angers. Me voici donc arrivé . Je suis le flot affairé de tous ces gens qui semblent savoir ou est la sortie . Une foule hétéroclite, détudiant(e)s rentrant dans leurs familles ou chez leurs amour(s) , des familles avec sacs encombrants et enfants. Jai quinze minutes devant moi ! Nous avons convenu ensemble que nous nous chercherions un peu dans la gare . Jaccède donc au hall , une immense cathédrale de lumière ! Le verre est présent partout !
Une plaque attire mon attention .
« Dans cette gare , 825 personnes furent déportées et envoyé directement au camp dauschwitz. Une phrase de Primo Lévi termine : « Noubliez jamais que ce fut un homme , que ce fut une femme ».
La vie me fait de drôles de clins dils ces temps-ci . Je crois que la Shoah me travaille beaucoup finalement ! Et puis Primo Lévi , cest Cheyenne qui me l'a fait découvrir avec « Si cest un homme ».
La gare , lieu de tous les départs
destinations aléatoires, certaines sans retour.
Jarrive donc à Angers .
Finalement, nous nallons pas pouvoir jouer à cache-cache très longtemps. La gare nest pas si grande . Je suis serein
je suis confiant
A quoi va-t-il ressembler ?
Jai déjà aperçu sa bobine en photo ! Lui a un sacré avantage sur moi , il ma vu à travers la focale déformante dune web-cam. Tiens cest lui qui arrive ! Quand vous croiserez Cheyenne, ce qui vous frappera en premier cest son regard . Cest un lagon féerique dun bleu clair ,intense, fulgurant. Oui cest assez cliché de décrire des yeux bleus de cette manière ! Je nen nai pas trouver hélas dautre !
(Pensées) : Il me faudra bien tout un week-end , pour approcher ce regard tout timide .
Nous voilà donc déjà sorti à grands pas de la gare .
Nous marchons à présent dans cette ville ou jy suis létranger du moment. Cheyenne sera donc mon guide . Les rôles sont ainsi donc définis .Nous allons poser mes affaires dans un hôtel du centre ville ! Place du ralliement pour les connaisseurs de cette ville .
Bagages posés dans la chambre, toute mansardé sous les toits !
Nous voilà partis dans les rues , château, églises font le régal de cette ville , tout y sent le beau , le propre , un peu trop sans doute ! Jai parfois limpression de me balader à disneyland Paris ! Mais cest très agréable je dois le reconnaître.
Première pause : Boire chaud ! Car javais oublié de vous dire , quici ciel bleu rime avec glaçons au bout du nez ! Il fait assez froid ! Jai voulu faire ma starlette, et je ne me suis point habillé très chaudement ! Déjà le Cheyenne prévoit que jembarquerais une satané crève dAngers dès Lundi.
La musique du bar est assez ouverture de discothèque à 23 heures ou le dance floor est désert. Nous voici donc face à face en vrai pour la première fois. Je suis tout intimidé , moi elliot qui ouvre tout le temps sa bouche et qui joue parfois les durs. Et ben , jétais po fier . Mais le cow-boy est sacré rusé , il dégaine sa première cartouche ! Javais prévu un petit cadeau !
Jadore partager ce que jaime , cest ma tactique pour rompre une timidité, parfois trop envahissante . Jai de grands plaisirs de lecteur . il y a quelques livres auquel je suis très attaché . Je me régale à les faire découvrir à ceux que jaime. Et il en est un qui trône et traîne frénétiquement sur la table roulante qui me sert de chevet dans ma chambre. Je vous parle donc de « oh Boy » de Marie Aude Murail ( http://perso.wanadoo.fr/mamurail/). Ce livre mest tombé dessus , un jour sans crier gare ! Je dois cette aventure à Nadj une amie formatrice . Nous étions en plein stage de formation avec 40 stagiaires perdu dans les monts du lyonnais. Elle ma dit : « tiens lis ça » je lai lu en deux nuits. Ce livre est une drogue dure ! .
Une émotion intense se partage. Jai offert ce livre à Cheyenne .
Résumer un livre nest pas très facile . Disons donc pour vous mettre en appétit : Il sagit de 3 orphelins dont la mère sest suicidé ( au canard WC )
il faut trouver dans la famille ( très éloignée) des personnes susceptible dêtre leurs tuteur légal
Je ne vous en dit pas plus ! Oui cela paraît tragique et glauque, mais cest surtout très drôle et donne une vision de lenfance que je défends, ça fait tellement du bien à penser que ça existe . Les enfants ne sont pas des légumes ! Offrez et lisez Oh boy ! ( Ceci est un ordre ) .
Excusez-moi cette digression .
Offrir des petits riens qui sème des graines , cest aussi une technique piqué à mes frères sioux . Il me tarde dailleurs que Cheyenne le lise et me raconte ses émotions éprouvées pendant ce périple .
Un livre offert seul est tout orphelin, il lui faut un frère ou une sur , jai donc inviter un auteur américain , Armistead Maupin, le célèbre écrivain des chroniques de San fransisco pour parfaire la filiation . La il sagit de son dernier livre traduit en France : une voix dans la nuit . Je nai pas envie de vous en parler de celui-là . Il faut découvrir son univers . Si vous aimez une écriture simple et attachante, vous vous régalerez !
Cheyenne a tout déballé devant mes yeux humides , posé les deux livres entre nos boissons chaudes ( café et chocolat ) , nous voilà partis pour parler littérature . Ce sont les textes qui ont construit en parti notre étrange amitié du far West . Nous avons échangé nos lectures de coeurs et commencer à contruire une bibliothèque commune .
( Moment dabsence ) .
Je me surprends soudain à nous voir tous les deux par la focale dune caméra de surveillance qui aurait été placé dans un coin du café ! Suivre le fil jusquà lécran de contrôle : qui donc nous regarderait ? Un agent de surveillance ? Quest quil penserait en nous matant ? Il verrait que je parle beaucoup , avec enthousiasme , mais sans doute trop . Je parle avec mon corps aussi , il samuserait de voir un pantin aux grandes mains , gesticuler .
( Revenir ici et maintenant ) .
Le silence entre nous me gêne sans doute encore trop souvent . Cheyenne maide et maidera à corriger cette petite manie. En face , je pense quil nétait pas tout à fait rassuré aussi ! Le cow-boy devait donc ruser pour deux.
( Bouger).
Cheyenne memmène au Musée des Beaux arts dAngers ! Marcher, le froid en embuscade, marcher. Cest un très beau lieu installé dans une carcasse qui semble avoir eu quelques centaines dannées ! Mais à force davoir été tellement trafiquée par des zarchitectes venus des beaux quartiers , lensemble respire un certain post modernisme, à la limite du contemporain ( oui jen rajoute un peu, cest pour montrer que je sais pas grand chose en architecture ) . Tout ça pour dire que cest un beau lieu ! on ne sent pas trop le poids de la culture
. Les pièces sont aérées , les lumières savamment étudiées, lumière zénithale artificielle, petites pièces sous exposées. La monotonie ne nous gagnera pas facilement dans un endroit pareil !
Nous y avons passé trois heures exquises ! Le concept est davoir peint les salles suivant les siècles
idée assez réussie , des pièces rouges , vertes, etc, amènent aux uvres un écrin original et garde en éveil perpétuel les yeux des visiteurs.
Cheyenne commence à se lancer dans un petit jeu ( amusez-vous à le faire lors de vos prochaines visites dans les musées !)
Chaque fois que nous entrions dans une nouvelle pièce, il regardait fort discrètement ce que lisait la(e) gardien(ne) . Et puis nous avons continué ce petit espionnage pendant toute la visite
à chaque pièce, des livres dont je navais jamais entendu parlé, je me disais , tiens ça rend drôlement intelligent de travailler dans un musée. Ben oui on est quasiment payé pour lire et se cultiver ! Et puis , lors de la dernière pièce, nous croisons une gardienne fort désagréable, tiens que lit - t - elle donc elle ? Danielle Steele ( http://www.randomhouse.com/features/steel/)
Toute bergerie a son mouton noir
Dis-moi ce que tu lis et je te dirais qui tu es ! ( je ris dans la barbe que je n'ai pas).
Autre évènement dans le musée , des bus entiers de vieilles personnes en visite « officielle » . Elles, ils , arboraient fièrement leur badges de super VIP du musée ! Ils, elles ont droit à la super visite par la super guide ! Nous avons fourni beaucoup defforts pour échapper à cette meute arrosée à leau de Cologne mont saint Michel ! et bien rien à faire
à croire quils nous collaient aux baskets ! Et viendra très vite lapothéose , le bouquet final, la cerise sur le pudding . Lors de leurs passage dans laile consacré à lart contemporain , La guide leur présentait une installation , ou des carcasses de voitures gisaient sur le sol ! Lexperte tentait d expliquer le sens dune installation , la démarche artistique du créateur dénonçant le monde marchand , qui crée de la pollution, des déchets, etc
.
Et vas-y pas quun vieux se lâche et déclare à qui veut lentendre, donc très fort, ( sans doute dû à un problème de réglage de son appareil auditif numérique ; des fois les portables ça parasite les fréquences ) que cet artiste est un réactionnaire car il est contre le progrès , et que ce quil exhibe pourrait encore servir ! Jai une envie subite de taper, frapper, massacrer , érradiquer, détruire .
Nous avons beaucoup ri à entendre ce "taupe" vieux beauf, qui a foutu la honte à tout le musée . Il nest parfois pas bon vieillir .
Nous avons terminé notre expédition dans une exposition temporaire consacré à un artiste dart contemporain ! Tiens bizarrement , la meute de têtes blanches ny était pas ! Ouf quelle respiration . Je ne suis pas vieuxrophobe
mais quand même, là cétait un peu beaucoup !
Changement dunivers, un moment démotion simple, rare avec Cheyenne ..(tout près de moi) , (pas loin de leffleurement) , à contempler ces grands tableaux
Nous avons partagé nos visions, les images persistent longtemps sur nos rétines ! Jai encore du mal en men défaire à vous écrire tout ça.(http://www.angers.fr/page/p-257/art_id-796/)
Nous sortons du musée par un magnifique jardin
Habile transition orchestrée par mon hôte pour sortir en douceur de lart et retrouver la vie normale .
Cheyenne minvite au restaurant, je refuse , il insiste ! Je suis flatté , cest rare que lon minvite au restaurant ! Je profite donc de cette sensation agréable dêtre un invité ! Jai aussi le périlleux choix de la « cuisine » que nous allons déguster ! Jai choisi une crêperie, car cela fait des lustres que je nai pas mangé de crêpes à la farine de Sarrazin . Létablissement est très rapidement rempli quelques minutes après notre arrivée ,sans réservation ! Nous sommes de sacré veinards . De nouveaux assis face à face, de nouveau !
( Evolution) .
Il est désormais plus facile dattraper le regard du Cheyenne ! Nous parlons de nos familles , de ma nièce, de ma relation à mon frère , à mes parents , je me livre sur ma famille comme jamais auparavant ! (Avec le recul cela me surprend ) ! Ben tout simplement avec lui je me suis senti autoriser à en parler . Je vis un moment bref mais très intense . Nous installons un silence .
Son regard azur ségare soudain ! je plonge dans ce regard rêveur, jaurais envie de my noyer , jusquà plus soif, car pendant ces instants ces yeux étaient connectés à des pensées secrètes, être là tout près
je me rapproche enfin de toi .
Nous décidons de marcher pour conclure cette première journée
nous empruntons une rue baptisée « rue du bout du monde » , il y a parfois des heureux présages, je me sens avec Cheyenne un peu perdu , vers ce chemin inconnu et c'est très agréable . Nous allons jusquà un superbe point de vue sur la Maine et sur le château dAngers mis en lumière . Jai une envie folle de le prendre dans mes bras juste comme ça , sans réfléchir .
Hélas elliot réfléchit encore trop et ne fait pas encore tout ce quil a envie de faire .
Nous avons vécu tout de même un joli moment assis côte à côte blottis dans le froid, dans le silence .
(Silence) , ces moments de presque éternité, ou tout s'intalle , tout se raconte, tout s'éclaire sans crier gare , (Silence).
Il était lheure de nous quitter. Cheyenne me raccompagne à mon hôtel . Nous nous quittons pour la nuit et nous nous retrouverons à 14 heures .
Je récupère ma clé .Grimper six étages ( merci ascenseur de m'avoir donné une petite aide ) . Je suis exténué. Je m'écroule sur le lit , contemple un ciel trop éclairé par les lumières de la ville à travers le velux .
mon corps est une éponge gorgée démotions , quune bonne nuit de sommeil asséchera sans doute.
22h30 , je mendors devant la télé !
Dimanche
jouvre un il , puis lautre , il est 9 h30 . Encore engourdi du sommeil . Ou suis-je donc ?
Mais oui, je suis à lhôtel Saint Julien (http://www.hotelsaintjulien.com/accueil.htm)
Je vais pouvoir prendre un petit déjeuner gargantuesque , comme le promet la photo sur le site de létablissement. Cette perspective menchante et me donne lélan suffisant pour filer sous la douche. Leau chaude est brûlante .
Jaime les chambres dhôtel . Impersonnel, forcément anonyme , mais conçu pour accueillir nimporte qui ,donc aussi moi . Un tour de force ! Je my sens à laise dans celle-ci .
Descendre .
Deux dames charmantes maccueillent , prévenantes, vont bien soccuper de moi, je le sens . La journée commence bien ! On minstalle à une table tout près de la fenêtre qui offre une vue plongeante sur la place envahie par une pluie tenace . « Quelle boisson chaude ferait plaisir à Monsieur ? » . Je prendrais donc un thé . Quelques minutes après cette commande , un plateau soffrait à moi . On mindiqua le buffet pour compléter mon plateau .
Jai 10 ans ! Jadorais aller à la cafétéria Casino avec mon frère et mes parents. A chaque annonce , cétait pour moi presque aussi bien que daller au cirque ou au cinéma. On pouvait choisir ce que lon voulait ! Il y avait moult variations possible ! Cétait nettement mieux quau restaurant ou il fallait attendre une éternité ! Dès que je vois un buffet , je suis un enfant ! Une salade de fruits frais, du pain , un yaourt et un peu de fromage ! Je minstalle et commence le rituel des gens qui prennent leur temps . Cest le moment des démarrages de journées ou lenteur et nonchalance se battent en duel amical . La météo nest point fort favorable ce matin , je ralentis donc lallure . Javais envisager visiter la ville seul cette fois , sans mon guide, pour savoir si je pouvais men sortir .
Je savoure cette solitude du dimanche matin . Cette mise en parenthèses , tellement indispensable.
Monter.
Je me pose devant la télévision pour mater les clips de MCM . Non, il faut que je sorte finalement. Je rassemble mes affaires. Je rends la chambre à peu près présentable ! Ma mère ma tellement bien élevé , que jai failli faire le lit . Jadis, déjà , on mavait expliquer, quon ne devait par faire les lits dans les hôtels. Ils y a des personnes dont cest la fonction, et surtout , après nous , dautres voyageurs aimeraient avoir des draps neufs ! ( et ce nest pas Paul qui dirait le contraire ! ) .
Redescendre.
Je règle ma note et je file affronter les intempéries ! Nayez pas peur, je nirais pas très loin , dans une brasserie un peu chic à trois pas et demi de lhostellerie qui m a accueilli pour la nuit .Nous sommes toujours place du ralliement, au cur du centre ville, désert.
Je m installe à nouveau face à lextérieur et commande un café ! Jaime la combinaison thé / café . Du thé pour remplir le corps et lhydrater de bon matin et un café pour lui donner un peu dénergie et de tonus ! La brasserie est assez aguicheuse , le luxe ( accessible aux presque pauvres tout de même ) sétale. Des grands lustres, des serveurs empaquetés dans dimpeccables tabliers noirs sans doute repassés . Norah Jones en fond sonore ! Je regarde fixement les gouttes roulant contre la vitre . Elles filent , s épaississent , changent de direction .Mes yeux pleurent . Ce nest pas le flot continu des chutes du Niagara, quelques larmes perlent . Je nai rien retenu. Evacuer une émotion ainsi me surprend ! Cest très agréable . Cest doux .
Tout sagite dun coup dans ma tête. Je suis en train de réaliser. Du trouble, mon cur est troublé . A lordinaire jaime comprendre ce quil marrive ! Respirer.
Je pense très fort à Cheyenne . Je ne comprends pas ce qu'il m'arrive.
Ouvrir mon sac , gribouiller un dessin au stylo plume . Je suis incapable décrire . Prendre un livre et lire pour de faux ( 3 pages en 30 minutes) .
Marcher . Jai besoin de marcher . Je suis le funambule sur le fil de mes émotions, retrouver léquilibre , vite.
Marcher, marcher. Un petit coup de fil à Valence ( ma famille ) histoire de raconter deux minutes mon week-end angevin et prendre des nouvelles . Tiens , me voilà rassuré !
13h54. Place du ralliement
Jaime arriver en avance aux rendez-vous, toujours avoir une longueur davance, pour voir venir . Des skatteurs occupent lespace . Je suis fasciné par leur dextérité et surtout par leur opiniâtreté . Il font , refont des dizaines de fois les mêmes figures. Il y a beaucoup d'échecs ! Ils ne renoncent pas , ils foncent et parfois tombent !
14h00 , cheyenne débarque . Ponctualité dindien ! Il pensait même être en retard .Et non , jaime bien les gens ponctuels finalement.
Nous avions décidé la veille daller voir un film . Javais suggéré Crustacés et coquillages dOlivier Ducastel et Jacques Martineau .
(http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=57625.html). Cheyenne ne connait pas leur univers .
Jaime beaucoup ces réalisateurs . Javais adoré Jeanne et le garçon formidable, drôle de Félix était réjouissant, ma vraie vie à Rouen , simple . Ces cinéastes ont comme langage de fond la gaytitude et utilise à chaque film un genre cinématographique différent : la comédie musicale, le road movie, le journal filmé, ou la comédie légère au goût de vaudeville, avec les portes qui claquent presque ( le cas pour crustacés et coquillages).
Nous arrivons devant le cinéma : Il se nomme les 400 cents coups ! Gloups je crois que jai fais une petite boulette ! Nous arrivons avec une heure davance ! Hier en regardant le programme je me suis trompé dhoraire ! Du moi tout craché ! Heureusement , le cinéma est doté dune magnifique salle dattente avec écran pour les bandes annonces .
Installation, noir , le film commence . Le noir au cinéma , cest toute une affaire. Lobscurité me rapproche soudain de cheyenne. Jai une envie soudaine de lui prendre la main (sic) .
( désir inassouvi ) . Partager encore une aventure ensemble .
Ma tête contre son épaule. Oui .Ma tête contre son épaule. Enfin une envie mise à exécution. « Elliot tu es pire quun diesel ! Ne te laisses pas manger par le remord et les chimériques frustrations. Tu verras bien ce quil se passera ! » . Cétait agréable de me laisser abandonner tranquillement contre une épaule, comme ça .
La fin sétale sur lécran. La salle est aussitôt projeté dans une lumière aveuglante. Ils veulent sans doute quon dégage vite pour laisser la place aux suivants .
Nous sortons, quelques minutes de (silence) pour sortir du film et commencer à en parler .
Il est 17h00 environ , je ne sais plus très bien. Je sens le départ poindre son nez. Je naime pas les au revoir ! Linsécurité me gagne soudain.
Je suis bien avec lui. Je nai pas envie de le quitter. Mon joli guide me fait explorer une autre partie de la ville. Hier soir, nous avions vu la Maine du haut du château. Cette fois ci nous la longeons tranquillement . Jaime les promenades près de leau qui court ! Je suis un enfant du Rhône . Un fleuve domestiqué . Ici la Maine est presque encore sauvageonne. Leau mapaise . Jarrive à nouveau à profiter linstant et ne plus craindre le départ .
Nous arrivons devant la gare . Sinstaller une dernière fois face à face . Je suis envahi par une énorme émotion. Jai les larmes qui remontent doucement ! Je ne suis pas triste . Jai du mal à parler . Je suis un navire perdu dans les quarantièmes rugissantes, jai perdu le cap, je cherche le phare qui me guidera. Les yeux bleus du Cheyenne sont là , présents, perçants, le regard ne fuit pas . Je sens de la certitude, de la confiance, dans le regard. Tout sapaise, tout redevient calme . Il est lheure de se quitter .
Mon hôte angevin me raccompagne jusquau train . On se dit au revoir sur le quai. Je grimpe. Il file.
(Vide) . Je me retrouve à mon siège , hébété.
Fin
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